Dimanche 23 mars 2008

Je me trouve assez pathétique en fait parfois.
A mon âge, quand même, se morfondre encore pour un homme de la sorte... A moins qu'il n'y ai pas d'âge pour ça?

En tous cas, grande victoire!!!!!

C'est sans m'en apercevoir que je viens d'éliminer un ancien déclencheur de crises d'hyperphagie boulimique.

LES MECS justement!!!

Enfin, pas tous, ceux qui me plaisent, ceux que j'aime, ceux que je désire.
Avant dans la situation dans laquelle je suis je n'aurais pas cesser de manger sous la compulsion afin de ressentir un moment d'apaisement et pour ensuite, après la crise, avoir un bon sujet de prise de tête en tête à tête avec moi même, me disant que je suis nulle, que je n'y arriverais, pour enfin finir par ne pas analyser vraiment la situation et tout ramener à mon poids. Responsable de tout ce qui n'allait pas.
Je me disputais avec mon homme? Normal, j'étais grosse, qui peut aimer une grosse?
Je n'avais pas un boulot? Normal, à cause de mon poids je n'étais pas au top de ma forme...

C'est presque avec nostalgie que je repense à ces moments là. En fait, je comprends pourquoi très vite je me suis réfugiée dans la nourriture. 

La réalité est si dure à vivre.

Le monde est si cruel, il est si dur de vivre en communauté.
Affronté le réel.
Accepté l'instant.
Vivre dans l'ici et le maintenant.
Rien de plus dur je trouve.

Toutes ces émotions à digérer.
Toutes ces sensations.

Les accepter, les ressentir avec force, ne pas les bloquer et finir par les sentir se diluer dans mon sang.

Avant c'était plus simple mais plus démoniaque quand même.
Ça n'allait pas, je mangeais. Les hormones libérées par la prise alimentaire masqué la réalité pour, comme je le disais juste avant, me centré sur le poids, les kilos, Moi.
Mais tous les problèmes ne venaient pas de moi.

Tous les problèmes ne viennent pas de moi.

Et finalement c'était plus simple aussi de me dire que si moi je changeais tout serait différent.
La par exemple, mes problèmes de chéri... Avant je me serais dis "je vais maigrir, ça ira mieux, il m'aimera plus, et puis enfin libérer je serais plus moi, je serais mieux dans ma tête, dans mon corps, donc il me téléphonera plus, il me portera plus d'attention, normal, je serais si belle, si irrésistible...

Et bien, non. Je pourrais changer d'apparence physique que mon moi intérieur ne changerait pas et surtout... il ne s'agit pas de moi, mais bien de lui. Il a un problème. Il ne téléphone pas pourtant je sais que je lui plais. Cette décision de ne pas le faire lui appartient. Je lui ai plus comme j'étais. Je ne l'ai pas vue depuis deux mois. Donc... Je ne suis pas en cause. Il doit avoir plein de chose en tête. 

J'ai eu une fraction de seconde l'idée que l'histoire foirait à cause de mon poids. C'est vrai. C'est ce que j'appelle un résidus de TCA. Une pensée ou une façon de fonctionner résiduelles. Même si j'ai pensé à ça bien vite je me suis dit que Non. Que c'était faux. Que le problème était ailleurs.

Voilà donc. La vie d'apres TCA n 'est donc pas si simple. Je suis aujourd'hui convaincue que l'on ne sort pas indemne d'un TCA et que j'ai encore de nombreux résidus à travailler. Et surtout que celle que je suis aujourd'hui, libre de cette maladie, n'est quand même que le résultat de celle que j'ai été.
Je me sens seule aussi parfois, et c'est marrant de voir que finalement j'en veux un peu à cette nourriture qui ne me fait plus d'effet. Et puis aussi, la nourriture, ma meilleure ennemie, était aussi toujours là. Je le disais tout le temps. Je me sens triste la nourriture est là. Je me sens seule, idem. Je suis heureuse, idem... Maintenant quand je me sens seule, je suis seule.
Quand je suis triste ou heureuse, je suis pleure ou je ris...

Encore une réalité à accepter.


par Wendy publié dans : les effets post TCA communauté : TCA libérons nous!!!
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